Communications scientifiques · Date non renseignée
Issu des archives de Maridav. Cet article présente les informations disponibles à sa date de publication initiale.
Principaux faits : la grippe aviaire est une maladie virale infectieuse des oiseaux. La plupart de ses virus n’infectent pas l’être humain, mais certains, comme A(H5N1) et A(H7N9), ont provoqué des infections graves. Les foyers avicoles peuvent susciter des préoccupations mondiales de santé publique en raison de leurs effets sur les populations d’oiseaux, de leur capacité à provoquer des maladies humaines graves et de leur potentiel pandémique.
Principaux faits
La grippe aviaire est une maladie virale infectieuse des oiseaux. La plupart de ses virus n’infectent pas l’être humain, mais certains, comme A(H5N1) et A(H7N9), ont provoqué des infections graves. Les foyers avicoles peuvent susciter des préoccupations mondiales de santé publique en raison de leurs effets sur les oiseaux, de leur capacité à provoquer des maladies humaines graves et de leur potentiel pandémique. Les épidémies hautement pathogènes, comme A(H5N1), peuvent fortement affecter les économies locales et mondiales et le commerce international.
La majorité des cas humains A(H5N1) et A(H7N9) a été associée à un contact direct ou indirect avec des volailles infectées, vivantes ou mortes. Rien n’indique une transmission par des aliments correctement cuits. La maîtrise chez l’animal est la première étape pour réduire les risques humains.
La maladie touche notamment les oiseaux aquatiques sauvages, comme les canards et les oies, souvent sans signes apparents. Les virus peuvent se propager aux volailles domestiques et provoquer de vastes foyers graves. Certains franchissent la barrière des espèces et causent des maladies ou des infections subcliniques chez l’être humain et d’autres mammifères.
On distingue deux groupes selon leur pouvoir pathogène pour les volailles : haute et faible pathogénicité. Les virus hautement pathogènes peuvent entraîner jusqu’à 100 % de mortalité en 48 heures chez certaines espèces. Ceux de faible pathogénicité provoquent aussi des foyers, généralement sans maladie grave.
Caractéristiques cliniques
Chez de nombreux patients, A(H5N1) évolue de façon inhabituellement agressive, avec aggravation rapide et forte létalité. Comme pour la plupart des maladies émergentes, la grippe A(H5N1) humaine reste mal comprise.
L’incubation peut être plus longue que celle de la grippe saisonnière, habituellement de deux à trois jours. Les données présentées indiquent deux à huit jours pour A(H5N1), éventuellement jusqu’à 17 jours. Pour A(H7N9), elles indiquent deux à huit jours, avec une moyenne de cinq jours [1]. L’OMS recommande, dans cette fiche, de retenir sept jours pour les enquêtes de terrain et le suivi des contacts.
Les premiers symptômes comprennent une forte fièvre, généralement supérieure à 38 °C, et d’autres signes grippaux comme la toux ou le mal de gorge. Diarrhée, vomissements, douleurs abdominales ou thoraciques et saignements du nez et des gencives ont aussi été signalés. L’atteinte précoce des voies respiratoires inférieures est fréquente, avec détresse respiratoire, voix rauque et crépitements à l’inspiration. Les expectorations sont variables et parfois sanglantes [2]. Les complications comprennent hypoxémie, défaillance multiviscérale et infections bactériennes ou fongiques secondaires [3].
Traitement antiviral
Les données suggèrent que certains antiviraux, notamment l’oseltamivir, réduisent la durée de réplication virale et améliorent les chances de survie. Pour les cas suspects, la fiche recommande une prescription aussi précoce que possible, idéalement dans les 48 heures suivant les symptômes. Compte tenu de la mortalité associée à A(H5N1) et A(H7N9) et de la réplication prolongée, elle préconise aussi d’envisager le traitement chez les patients consultant plus tard. Les corticostéroïdes ne sont pas recommandés.
En cas d’infection sévère, les cliniciens peuvent devoir envisager d’augmenter la dose quotidienne et/ou la durée du traitement. Chez les patients gravement malades ou présentant des symptômes gastro-intestinaux sévères, l’absorption peut être altérée et doit être prise en compte [4]. La plupart des virus A(H5N1) et A(H7N9) seraient résistants aux antiviraux de la famille des adamantanes, dont l’utilisation n’est donc pas recommandée.
Facteurs de risque chez l’être humain
Le principal facteur semble être l’exposition directe ou indirecte à des volailles infectées, vivantes ou mortes, ou à des environnements contaminés comme les marchés d’oiseaux vivants. Maîtriser la circulation de ces virus chez les volailles est essentiel. Leur persistance dans certaines populations exige des engagements durables des pays et une coordination forte entre autorités sanitaires animales et humaines.
Rien n’indique une transmission par des volailles ou des œufs correctement préparés. Quelques cas humains A(H5N1) ont toutefois été liés à des plats contenant du sang cru contaminé. L’abattage, la plumaison, la manipulation de carcasses infectées et la préparation des volailles, surtout à domicile, sont probablement des facteurs de risque.
Action de l’OMS
L’OMS surveille étroitement la grippe aviaire et élabore ou adapte les interventions avec ses partenaires, notamment les organismes de santé animale et les autorités vétérinaires nationales. Avec l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), elle suit et évalue les virus grippaux animaux préoccupants pour la santé publique et traite les risques à l’interface entre l’être humain et l’animal partout dans le monde. Elle suit l’évolution de la situation et adapte ses orientations et actions aux nouvelles informations disponibles.